Désherbage de la pomme de terre : intervenir sur buttes stabilisées et légèrement humides

Pour optimiser l’efficacité des herbicides, il est recommandé de réaliser les applications sur les buttes définitives, suffisamment émiettées et légèrement humides. Côté produits, le choix doit être raisonné en fonction de la flore adventice.

La sélectivité des herbicides est dite de position, ce qui signifie que le produit doit être réparti dans la couche superficielle du sol afin d’être absorbé par les racines des adventices alors que la pomme de terre doit se développer dans une zone exempte de produit. Il est donc conseillé d’effectuer les traitements sur butte définitive, au moins une semaine avant la levée des pommes de terre.

L’idéal est d’intervenir sur butte stabilisée, suffisamment émiettée et légèrement humide. En règle générale, quelques pluies ont eu lieu le week-end dernier. Les interventions herbicidespeuvent donc s’effectuer dès à présent sur des buttes suffisamment humides et lors d’une période de temps calme pour bien répartir la pulvérisation sur les deux flancs de la butte et l’entre-butte. Les conditions climatiques semblent donc être réunies pour obtenir une bonne à très bonne efficacité des mélanges.

Un mélange à adapter en fonction de la flore adventice pressentie dans la parcelle

Avant de choisir la stratégie de désherbage, il est essentiel de connaître le sol et la flore à venir de la parcelle. Morelle, chénopode, matricaire, renouées liseron, renouées des oiseaux et gaillet sont généralement les adventices les plus fréquentes. De par leur important développement, ces adventices se révèlent souvent problématiques notamment pour les chantiers de récolte.
Mercuriale, séneçon, fumeterre, sanves, ainsi que le datura sont des adventices de plus en plus présentes en pomme de terre. A ce cortège de dicotylédones annuelles, on peut ajouter des graminées (ray grass, pâturin, sétaires, panic…) et des plantes vivaces comme le chardon des champs, le chiendent, le laiteron des champs…
La prélevée reste une étape essentielle pour la maîtrise des dicotylédones. L’association Défi + Sencoral SC (3 à 4 l + 0,5 l) ou Arcade (4 l) reste toujours une base intéressante de désherbage en particulier dans les parcelles dites « propres » et sans problème particulier.
En présence de renouées, on préféra plutôt des associations à base de Centium 36 CS comme Centium 36 CS + Sencoral SC (0,25 l + 0,5 l) ou Métric (1,5 l) ou Bastille + Centium 36 CS (2 kg + 0,2 l/ha).

Dans les situations fortement infestées et/ou en présence d’adventices difficiles à détruire, telles que les morelles noires ou les renouées des oiseaux, la pratique est à l’association de 3 produits pour jouer sur la complémentarité des spectres d’action par exemple : Challenge 600 + Défi + Sencoral SC (2 l + 3 l + 0,3 l), Challenge 600 + Centium 36 CS + Sencoral SC (2 l + 0,2 l + 0,3 l) ou encore Bastille + Challenge 600 (2 kg + 2 l). A noter que le Challenge 600 ne doit pas être utilisé sur la variété Monalisa en terre crayeuse.

Enfin, dans les parcelles très « sales » ou méconnues (exemple : les parcelles louées dont on ne connait pas l’infestation en adventices), le mélange quadruple peut s’avérer intéressant avec par exemple Défi + Challenge 600 + Sencoral SC + Centium 36 CS (2,5 l + 2 l + 0,3 l + 0,2 kg).
Une seule spécialité à base de linuron (Afalon 50 L) reste autorisée sur pomme de terre mais son changement de classement toxicologique (T = toxique) ne permet plus de l’associer à d’autres spécialités de prélevée.
La métribuzine (Sencoral SC, Metriphar, Bretteur par exemple) n’est pas tolérée par toutes les variétés, il est donc prudent de vérifier la sensibilité de la variété.

Cyril HANNON (ARVALIS – Institut du végétal)

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