La rouille jaune en 2016

De la rouille jaune a été observée dès le mois de janvier dans le Nord-Pas de Calais. La prudence est de mise mais les conditions météorologiques du printemps seront déterminantes pour l’expression ou non de la maladie en parcelle.

Pour rappel, la campagne 2014 a été jugée d’exceptionnelle en terme de pression rouille jaune avec des nuisibilités atteignant 90qtx sur des variétés sensibles non protégées. En 2015, tous les voyants étaient au rouge mais avec des conditions froides et sèches, la maladie a peu impacté les parcelles traitées.
Comment aborder 2016 ?
Yello est un modèle permettant de calculer le risque potentiel d’avoir de la rouille jaune en parcelle. Pour 2016, ce risque potentiel est similaire à celui de 2014.
Les conditions du moment ne sont pas favorables à l’expression de la maladie, il faut donc surveiller régulièrement les parcelles et lire le Bulletin de Santé de Végétale (BSV).
– Sur des parcelles avec variété sensible et observation de rouille en fin d’hiver, il semble prudent d’intervenir après observation avec un fongicide efficace avec le passage de régulateur (entre épi1 cm et 1 nœud).
Les essais de 2014 ont bien montré que les interventions en fin de tallage ne sont pas pertinentes.
Les triazoles (tébuconazole, cyproconazole, propiconazole et époxiconazole) sont de bonnes solutions, très efficaces et peu cher. La rouille jaune est une maladie très virulente mais également très sensible aux fongicides. Une demi-dose de fongicide suffit donc pour contrôler la maladie. Les strobilurines (pyraclostrobine, pycoxystrobine, azoxystrobine) permettent aussi un contrôle de la maladie mais avec un rôle plus préventif que les triazoles.
Dans tous les cas, si une parcelle est infestée de rouille jaune, il faut intervenir avec des fongicides efficaces et maintenir la cadence d’une vingtaine de jours entre intervention jusqu’à une disparition de la maladie ou jusqu’au stade floraison.
– Sur des parcelles avec variété résistante, les interventions fongicides pourront commencer à 2 nœuds ou bien même au stade dernière feuille étalée si la pression septoriose est faible.
L’observation reste de mise sur les variétés résistantes car des changements de « race » de rouille jaune peuvent s’opérer et ainsi contourner les résistances variétales.
En résumé, retenez que les conditions météos vont comme toujours dicter nos choix et que ceux qui ont choisis des variétés résistantes peuvent encore dormir tranquille.

Aurélien Foirestier,  Conseiller, Service Productions Végétales  de la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais

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