L’évolution du marché du lait reste incertaine

Le repli de la demande chinoise et la poursuite de l’embargo russe vont continuer à peser sur les marchés mondiaux du lait en 2015. En revanche, en raison de la sécheresse qui la frappe, la Nouvelle-Zélande serait moins présente sur les marchés mondiaux.

Selon toute vraisemblance, la hausse de la collecte laitière devrait se situer entre 1% et 2 % en 2015 dans l’Union européenne. En 2014, la production laitière européenne a battu tous les records, sous les effets conjugués d’un prix du lait incitatif et de bonnes conditions climatiques, estime l’Institut de l’Elevage. La flambée des cours mondiaux, alimentée par la demande chinoise, a porté les prix payés aux producteurs à des niveaux rémunérateurs, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas. La production a répondu rapidement à ce signal, y compris en France, où la collecte a été particulièrement dynamique jusqu’à la fin de l’été.

Début 2015, l’ensemble des pays ont continué à freiner leur production et la collecte a même reflué par rapport à 2014. Le ralentissement de la collecte a été net dans les pays du Nord soumis à des pénalités laitières de dépassement de quota auxquelles ils comptaient échapper. Depuis, le début de l’année 2015, la demande chinoise n’est pas repartie et l’embargo russe décrété en aout 2014 continue à produire ses effets, même si son impact est moins important que ce que l’on craignait à  l’automne dernier. Il est  en partie contourné : une partie des exportations vers la Russie, notamment de fromages, transitent par la Biélorussie. Et les entreprises ont réussi à trouver de nouveaux débouchés en Asie du Sud-Est, en Afrique du Sud et en Afrique Noire pour compenser la perte du marché russe. Ceci étant, après s’être stabilisé au premier trimestre, la collecte laitière européenne est repartie à la hausse, mi-avril, selon l’Institut de l’Elevage. Les conditions sont aujourd’hui réunies pour une relance de la production. La plupart des producteurs ont augmenté leurs cheptels pour se préparer à la sortie des quotas et la production laitière européenne rebondira plus ou moins vite en fonction des disponibilités fourragères et surtout de la conjoncture laitière, aujourd’hui incertaine, estime l’Institut de l’Elevage.

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