Ramener du pragmatisme dans la politique agricole

Marie-Sophie Lesne, vice-présidente à l’Agriculture au Conseil régional, apporte une nouvelle approche des relations avec le monde agricole.

Agri Ambitions : Marie-Sophie Lesne, pourquoi ce choix de la vice-présidence à l’Agriculture au sein de l’équipe de Xavier Bertrand ?

Marie-Sophie Lesne : Tout d’abord parce que ce poste m’a été proposé, même si au départ je ne demandais rien. Ce choix de Xavier Bertrand est sans doute dû au fait que je siégeais déjà avec assiduité dans la Commission agricole du précédent mandat. Et je suis issue du monde agricole. Outre mes parents, j’ai une soeur et deux frères agriculteurs, et une autre soeur enseignante en milieu agricole. Ma nomination n’a donc pas été une véritable surprise.

Agri Ambitions : Quels sont les objectifs de votre mandat ?

Marie-Sophie Lesne : J’entend agir de manière plus pragmatique qu’idéologique. Je vais m’adresser à toutes les formes d’agriculture, car il y a de la place pour tout type d’exploitation sur nos territoires. J’ai également rencontré l’ensemble des organisations syndicales. Le mandat précédent a été marqué par un fort tropisme et une absence sur le terrain, ce qui a engendré une attente forte. Je suis donc déjà allée à la rencontre des producteurs de pommes de terre, je continue maintenant avec les éleveurs et les céréaliers.
Agri Ambitions : Votre poste revêt une dimension nouvelle, avec la Grande région Hauts de France. Comment abordez-vous cet aspect ?

Marie-Sophie Lesne : Fédérer fait partie intégrante de la feuille de route confiée par Xavier Bertrand. Nous devons donc prendre en compte la réalité physique du Nord-Pas de Calais et de la Picardie. Mais mon rôle de fédératrice ne s’annonce pas si compliqué que cela, car s’il y a bien un domaine où la fusion a un sens, c’est l’agriculture. Car l’ensemble de la région comprend des éleveurs, des céréaliers, des polyculteurs… Nous parlons donc aux mêmes types d’exploitants, avec les mêmes productions. Sur le terrain, les structures professionnelles sont d’ailleurs dans une démarche de régionalisation, afin de jouer leur rôle d’interlocuteurs avec le Conseil régional. Et des synergies sont en train de s’opérer, notamment dans la filière lait.

Agri Ambitions : Quels vont être les engagements financiers du Conseil régional en faveur de l’agriculture ?

Marie-Sophie Lesne : Les choix ne sont pas encore effectués. Pour permettre au Président de Région d’arbitrer un budget plus important que précédemment, je dois apporter une approche du terrain. C’est pour cette raison que nous organisons le 10 juin à Lille des Etats Généraux de l’élevage, avec l’Institut de l’élevage. Une manifestation qui sera suivie immédiatement par la mise en place de groupes de travail. 2016 est une année de transition, qui doit nous permettre de préparer un plan d’actions, par filière ou par thème : la méthanisation, par exemple. Se regrouper, se fédérer, permet de mieux s’armer face aux industriels ou la grande distribution. Nous devons également tout mettre en oeuvre pour que la transformation s’effectue chez nous, et non pas de l’autre côté de la frontière. Là où il y a des réponses qui restent en suspend depuis longtemps, nous devons avancer de manière pragmatique. En revanche, nous ne remettons pas en cause le PRCTA ou le plan bio. Je n’aime pas mettre à la poubelle ce qui a été réalisé.

Agri Ambitions : Quel est l’appui du Conseil régional pour Terres en Fête ?

Marie-Sophie Lesne : Financièrement, nous soutenons à hauteur de 150 000 €. Sur la manifestation, nous souhaitons valoriser l’excellence de l’élevage et des productions agroalimentaires des Hauts de France. C’est pourquoi nous mettrons en valeur les médaillés du Concours Général 2016. Notre territoire recèle d’innombrables richesses : bières, fromages, terrines, champagnes, etc. A nous également de les promouvoir.

Propos recueillis
par Pascal Friang

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